Instabilités de l'épaule

L’articulation de l’épaule comprend l’humérus et une cavité sur l’omoplate, appelée glène. La glène est entourée par un fibrocartilage qui agrandit la surface de contact entre elle et l’humérus qui s’appelle le bourrelet.

L’épaule est l’articulation du corps qui se luxe le plus facilement. Une luxation correspond au “déboîtement“ de l’articulation.
La première luxation peut survenir lors d’un accident violent (sports, moto…), ou suite à une chute. 

Lors de l’accident, en se déboîtant, la tête arrache une partie du bourrelet (du mur antérieur de l’épaule) et détache la capsule habituellement fixée sur l’os.

L’absence fréquente de cicatrisation de ces lésions favorise alors les récidives, on parle d’instabilité. Plus la première luxation survient tôt, plus le risque de récidive est élevé. Par exemple lorsque la première luxation survient à 20 ans statistiquement le risque de récidive est de 80 %, après 50 ans les récidives sont plus rares en dessous de 10%. 
Le traumatisme à l’origine d’une luxation est de moins en moins important au fil des récidives avec même parfois des luxations au cours du sommeil.

Figure 1 la tête de l'humérus se luxe en avant!

Les patients peuvent se plaindre des épisodes de sub luxations.. 
Ces sub luxations se remettent en place spontanément au bout de quelques secondes mais l’épaule reste instable et surtout douloureuse.

Cette douleur peut se manifester parfois comme une appréhension pour certaines positions, notamment au moment du lancer d'un objet ou de l'armer du bras (exemple : service au tennis, dormir avec les mains derrière la tête etc.).

Le patient a l’impression que l’épaule va se déboîter.

La radiographie est le premier examen à faire afin d’exclure des éventuelles fractures.
L’examen qui nous donne les meilleures informations c’est l'arthroscanner. L'injection d'un produit de contraste radiologique dans l'articulation montre que la capsule s'est détachée du rebord de l'omoplate. Elle devrait être rattachée.

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La rééducation
Elle démarre le lendemain de l’intervention. Elle est faite selon un schéma qui sera donné au patient avant son départ et va servir de base pour la poursuite de la rééducation. (Voir le plan de rééducation situé sur le site)

Quelles sont les complications possibles ?

  • La récidive : le taux de récidives varie entre 3 et 6 % pour les tehniques arthroscopiques.
  • L’algodystrophie est une réaction imprévisible de nature inconnue et qui après une phase inflammatoire
        entraîne des phénomènes d’enraidissement proches de la capsulite rétractile.
  • Une capsulite rétractile ou « épaule gelée » est très rare mais possible. Il s’agit d’une raideur d’épaule qui peut
        s’étendre sur plusieurs mois. La récupération se fait sur plusieurs mois après des dizaines de séances
        de kiné.
  • Un hématome est possible
  • L’infection post opératoire se maîtrise assez aisément lorsque le diagnostic est précoce (douleurs pulsatiles,
        gonflement et rougeur importante). Une ré intervention est toujours possible. Les infections après arthroscopie
        sont rarissimes.
  • Actuellement grâce aux implants performants les résultats sont nette supérieures à la technique appelée « au ciel ouvert ».

    Quel est le traitement possible ?

    Le traitement chirurgical est indiqué souvent après le deuxième épisode de luxation.
    Le traitement de l’instabilité avérée est essentiellement chirurgical.
    L’intervention se déroule lors de 1 à 3 jours d’hospitalisation en fonction des techniques :
    Les techniques récentes de retentes capsulo ligamentaires antéro inférieures (l’intervention de Bankart) sont exécutées actuellement par arthroscopie (endoscopie de l'articulation) au travers de 3 petites voies d’abord (1 cm).
    Le principe est de retendre et de réinsérer sur la glène, le complexe “bourrelet / ligament / capsule“ qui est décollé et rompu.
    N’oublions pas que l'arthroscopie a révolutionné déjà le traitement des pathologies articulaires du genou. C’est le tour de l’épaule
    Auparavant ces interventions chirurgicales nécessitaient de larges incisions, une durée d'hospitalisation prolongée et une longue période de réadaptation fonctionnelle. La chirurgie dite « ouverte » garde son indication en certaines cas (trop d’épisodes de luxations, lésions osseuses).
    Aujourd'hui, grâce à la chirurgie mini invasive assistée par fibre optique et vidéo le geste chirurgical, l'anesthésie et les suites opératoires sont beaucoup moins lourds. Sous le contrôle direct de la vidéo le chirurgien va réparer les lésions ; souvent on peut utiliser des implants bio résorbables (résorption après environ 2 années). Plus besoin d’une nouvelle intervention pour retirer des vis et on ne garde pas des implants métalliques dans le corps.

    Intervention de Bankart pour l'instabilité chronique de l'épaule (technique arthroscopique)

    Quelles sont les suites opératoires ?

    Les pansements sont faits tous les 2 jours pendant 15 jours. Le bras est immobilisé dan une écharpe en position “coude au corps“ pour environ 4 semaines
    Une rééducation douce est débutée à la 2ème semaine en évitant la rotation externe, elle est plus complète après 6 semaines. Elle comprend deux volets :

  • entre 1 et 2 mois consiste à récupérer la mobilité, seul, à l'aide d'exercices pratiqués (avec un bâton par exemple)

  • lorsque la mobilité est revenue et que l'épaule n'est plus douloureuse, on continue à renforcer les muscles périphériques sous le contrôle d'un kinésithérapeute.

  • La reprise d'une activité courante peut être envisagée au bout de deux mois suivant l'intervention. La reprise d'une activité sportive ne sollicitant pas les bras, telle la course à pieds, peut être prévue aux alentours de la fin du deuxième mois. Quant à la reprise de toutes les activités sportives elle peut être initiée à la fin du quatrième mois post-opératoire.

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