Prothèse de l'épaule

Quel est le problème avec votre épaule ?

Votre épaule vous fait mal, vous avez une arthrose à l'épaule. Normalement le cartilage (une couche élastique couvre les surfaces articulaires des os) protège les extrémités osseuses et amortit les chocs entre celles-ci, il facilite le mouvement articulaire.
L'arthrose se caractérise par l'usure progressive du cartilage de l'articulation. La disparition de ce cartilage laisse l'os à nu, le frottement entre les extrémités osseuses étant souvent à l'origine de ces douleurs de l'épaule.
Cette usure est accompagnée d’une inflammation de la capsule articulaire et de la région avoisinante.

Quels sont les symptômes les plus courants de l’arthrose de l’épaule ?

L’arthrose affecte généralement le patient au-delà de 50 ans, elle est plus fréquente chez les patients avec des antécédents de fracture de l’épaule mais il y a aussi une prédisposition génétique.
Les symptômes les plus importants sont la douleur, la limitation de la mobilité, raideur de l’épaule, tuméfaction très sensible de l’articulation. Ces symptômes ont tendance à progresser mais ce qui est intéressant c’est qu’ils ne progressent pas toujours de façon constante avec le temps.
Souvent les patients peuvent nous décrire des mois ou l’épaule est moins douloureuse, les symptômes sont influencés par le changement climatique.

Examens à effectuer au plus vite

Il faut demander une radiographie de l’épaule. Le chirurgien orthopédiste va décider si d’autres examens sont nécessaires (arthroscanner, scanner, IRM, échographie de l’épaule).
Sur les radiographies on peut apercevoir d’emblée la disparition de l’interligne articulaire, l’espace qui se trouve normalement entre la tête de l’humérus et l’omoplate. Cet espace est normalement comblé par un cartilage qui diminue progressivement en relation avec l’usure de celui-ci. Bien sur nous allons retrouver d’autres modifications de l’articulation en fonction des lésions associées (ascension de la tête humérale).

Quel est le traitement de l’arthrose de l’épaule (omarthrose) ?

Le traitement de cette arthrose doit commencer par les mesures les plus élémentaires. 
Nous démarrons d’habitude avec des séances de kinésithérapie ou de physiothérapie. 
La limitation de certaines activités peut être nécessaire, ainsi que l’apprentissage de nouveaux exercices. 
L’étirement et le renforcement des muscles autour de l’articulation de l’épaule peuvent aider à diminuer ces douleurs, prévenir une atrophie musculaire est important pour le maintien de la fonctionnalité de l’épaule. 
Les anti-inflammatoires peuvent soulager ces douleurs temporairement, la mobilité s’améliore quand la douleur diminue. Malheureusement l’effet de ces médicaments n’est pas uniforme, et la réponse au traitement diffère d’un patient à l’autre. 
Les infiltrations avec cortisone réduisent l’inflammation et peuvent diminuer fortement la douleur. L’effet de ces infiltrations peut durer des semaines, des mois, nous permettant de postposer un éventuel geste chirurgical. Vu l’effet secondaire de ces médicaments nous ne préconisons pas plus de 2-3 infiltrations par année. 
Les suppléments mixtes (les glucosamines, viscosupplémentations) : la réponse thérapeutique reste limitée.
L’arthroscopie de l’épaule : il s’agit d’un geste chirurgical qui peut être effectué par un abord minime de l’articulation. Par ce geste chirurgical intra-articulaire nous apportons un soulagement de longue durée pour ces patients atteints d’arthrose. Par arthroscopie nous enlevons les débris articulaires existants, on régularise les anciennes lésions des tendons ou on fixe des tendons qui par leur inflammation sont à l’origine de la douleur. On peut enlever des fragments osseux afin d’améliorer la mobilité articulaire, on peut ôter la bursite inflammée de l’espace sous-acromial.

L’arthroplastie de l’épaule ou la mise en place d’une prothèse de l’épaule

Quand tous ces traitements ont échoués, ou si l’articulation est tellement détruite qu’il n’y a pas d’autre solution, nous prévoyons une arthroplastie avec mise en place d’une prothèse d’épaule.

La prothèse de l’épaule

L’indication la plus connue pour la prothèse de l’épaule reste l’arthrose.
Plusieurs types de prothèses existent sur le marché et les prothèses de l’épaule sont actuellement indiquées aussi pour des autres pathologies (fracture de l’épaule, subluxation irréductible de l’épaule, instabilité majeure de l’épaule, nécrose de la tête humérale, …).
Nous allons nous contenter d’une description brève de l’intervention de la mise en place d’une prothèse de l’épaule.
La prothèse anatomique de l’épaule et la prothèse inversée seront décrites mais il faut savoir que d’autres prothèses sont présentes sur le marché.

Description de la prothèse anatomique

La surface osseuse, articulaire, arthrosique, sera enlevée et remplacée par des implants de la prothèse de l’épaule.
Cette prothèse de l’épaule se compose d’une tige métallique (souvent des alliages à base de chrome, de cobalt, de titane) qui a dans sa partie proximale ou supérieure une sphère métallique celle-ci représente la tête de l’humérus.
Du côté de l’omoplate l’implant en polyéthylène va remplacer le cartilage détruit de la glène de l’omoplate.
Les implants peuvent être cimentés dans l’os ou non cimentés (la surface des prothèses est induite d’un produit qui agit comme une « colle biologique »).

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Les complications possibles

Il s’agit de complications qui ne surviennent que rarement pour lesquelles le patient doit avoir l’information car celles-ci peuvent empiéter sur la récupération fonctionnelle complète de l’épaule opérée.

  • Subluxation de la tête humérale
        Celle-ci représente 5% des complications. Les patients ressentent une douleur avec une difficulté de bouger le     bras opéré, une réduction de cette luxation est effectuée en générale sous anesthésie.

  • L’infection
        Elle se produit chez 1-2% des patients, une prise en charge adaptée avec une antibiothérapie ciblée est     souvent nécessaire.

  • Lésion nerveuse
        Elle représente 1% des complications. Ces lésions sont rares et souvent la récupération se fait     progressivement.

  • Le descellement de la prothèse
        C’est une complication qui apparaît plusieurs années après la mise en place d’une prothèse, il s’agit d’un     lâchage de la prothèse qui doit faire l’objet d’un changement avec la mise en place d’une nouvelle prothèse. Le     plus souvent ces descellements se produisent après un traumatisme important ou des années après la mise     en place de la prothèse.

  • Raideur post-opératoire
        Elle est souvent le résultat d’une récupération incomplète, la poursuite de séances de rééducation est     conseillée. Chaque patient récupère à son rythme, parfois certains patients ont besoin d’une année avant de     retrouver une mobilité normale de l’épaule opérée.
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    La prothèse inversée de l’épaule

    Il s’agit d’un remplacement articulaire de l’épaule ou d’une prothèse spéciale qui est implantée. 
    Les indications pour cette prothèse sont différentes d’une prothèse anatomique. 
    Elle est composée d’une boule qui est attachée à l’omoplate ainsi que d’une tige avec une coupe qui est placée à l’extrémité supérieure de l’humérus. 
    La partie supérieure de cette tige qui est munie d’une cupule va s’articuler avec l’hémisphère qui a été implanté au niveau de l’omoplate. 
    Une nouvelle articulation est ainsi obtenue, l’espace entre les deux composants métalliques est comblé par un insert en polyéthylène. 
    On appelle prothèse inversée car la sphère métallique ne se retrouve plus au niveau de l’humérus comme dans la prothèse anatomique mais au niveau de l’omoplate. Ce type de prothèse a des indications limitées et est surtout prévu pour des patients âgés avec des ruptures larges au niveau des tendons ou des muscles qui stabilisent d’habitude l’épaule, ou lors d’une fracture complexe. 
    La récupération après la mise en place de ce type de prothèse est souvent comparable avec les prothèses anatomiques. 
    Les mouvements de l’épaule ne pourront pas être récupérés en totalité, le patient sera rarement capable de soulever le bras au dessus du plan de la tête, il y aura aussi une limitation de la rotation externe du bras. 
    Avant l’intervention les mouvements étaient réalisés avec beaucoup de difficultés, les patients ne sentiront pas de perte de mobilité après la mise en place de cette prothèse. 
    Etant donné que ce type de prothèse s’adresse souvent à des patients plus âgés, un passage dans un service de rééducation pourrait être conseillé avant le retour à domicile.

    En résumé la chirurgie de remplacement prothétique de l’épaule fait des progrès importants. Les prothèses de l’épaule restent une solution tout à fait acceptable pour les différentes pathologies.

    La prothèse anatomique est donc indiquée pour les patients qui souffrent d’une destruction arthrosique de l’épaule ou la qualité des tissus musculaires restent correctes permettant au patient de retrouver une épaule normale après l’opération. 
    Les prothèses anatomiques humérales (mise en place d’une tige humérale sans remplacement de la partie glénoïdienne) sont indiquées pour certains types de fractures ou l’ostéosynthèse n’est pas possible.

    Les prothèses inversées restent indiquées pour les personnes plus âgées avec des ruptures des muscles autour de l’épaule (la coiffe des rotateurs) ainsi qu’en cas de fracture complexe.

    Les résultats de ces prothèses sont directement liés au indications opératoires, état pré-opératoire de l’épaule, l’expérience du chirurgien et surtout une rééducation adaptée de l’épaule.

    L’anesthésie

    Ce type d’intervention se fait le plus souvent sous anesthésie générale, un rendez-vous avec un médecin anesthésiste est conseillé avant l’intervention. Comme d’habitude le médecin anesthésiste sera informé des médicaments que vous prenez d’habitude et des examens complémentaires pourront être demandés (examens cardiaques, ECG, avis d’un pneumologue, épreuve fonctionnelle respiratoire…).

    L’intervention chirurgicale

    La mise en place d’une prothèse de l’épaule dure environ 1h-2h en fonction du type de prothèse implantée (prothèse totale, unipolaire, inversée).
    Le plus souvent l’intervention se déroule sous anesthésie générale, une incision d’environ 15 centimètres est effectuée sur la face antérieure ou latérale de l’épaule.
    Apres la chirurgie les patients sont amenés en salle de réveil avec le bras opéré maintenu par une écharpe.
    La première nuit après l’intervention risque d’être un peu difficile même si les douleurs post-opératoires bénéficieront d’une prise en charge adaptée avec administration de calmants puissants.

    Combien de temps resterez-vous à l’hôpital ?

    Le patient arrive à l’hôpital la veille de l’intervention, et habituellement il restera hospitalisé environ 5-7 jours.

    Période post-opératoire

    Les patients auront une antibiothérapie prophylactique afin d’empêcher l’apparition d’une éventuelle infection pendant environ 48 heures.

    La rééducation post-opératoireépreuve fonctionnelle respiratoire…).

    La rééducation de l’épaule opérée démarre d’habitude 48 heures après l’intervention. 
    Les séances de kinésithérapie seront prescrites au rythme de 3-5 séances par semaine. 
    Le kinésithérapeute est amené à effectuer une mobilisation douce de l’épaule opérée avec des mouvements rotatoires dans le plan antéro-postérieur. 
    Le protocole de rééducation est prévu pour ce type d’intervention. 
    Le kinésithérapeute devra apprendre au patient les exercices qu’il devra réaliser lui-même après le retour à domicile, surtout les mouvements pendulaires qui devront être effectués 2-3 fois par jour par le patient lui-même. 
    Le patient est autorisé à utiliser activement le bras après environ quatre semaines : dans un premier temps avec l’aide d’un kinésithérapeute (mobilisation active assistée) et à partir de la sixième semaine le patient est encouragé à faire tous ces mouvements actifs. 
    Dès que la mobilisation active lui est autorisée le sevrage de l’écharpe est suggéré. 
    La reprise du travail pourra être envisagée à environ trois mois de la chirurgie, et à priori à six mois de l’intervention les patients ne se plaignent plus de douleur à l’épaule opérée. Ils ont récupéré en grande partie les actes de mobilité leur permettant une vie normale. 
    Les patients peuvent conduire la voiture à environ six semaines de l’intervention en évitant les gestes brutaux surtout de rotation externe au niveau de l’épaule opérée.

    Consignes à la sortie

    Vous pourrez utiliser vos doigts ainsi que le poignet et le coude immédiatement après l’intervention.
    La marche est autorisée avec une assistance dès que vous aurez récupéré après l’anesthésie.
    Une douche peut être prise ou un bain avec un savon ordinaire 48-72 heures après l’intervention.
    N’essayez pas de soulever de poids avec le bras opéré, ni de l’utiliser pour pousser à partir d’une chaise ou d’un divan.
    Le soulèvement des objets lourds et l’utilisation aérienne du bras exigent d’habitude 6-12 mois. Il n’y a pas de règle fixe pour le retour au travail, mais d’habitude le patient reprend son travail à environ 3-4 mois de l’intervention.
    La marche à l’extérieur est conseillée une semaine après l’intervention, la reprise du sport avec jogging ou vélo est conseillée 4-6 mois après l’intervention.
    Lorsque vous quittez l’hôpital vous aurez une prescription pour des calmants contre la douleur, en cas de douleur vous devez en prendre 3-4 fois par jour.
    Le bras restera toujours immobilisé par une écharpe et l’ablation des fils devra être envisagée vers le quatorzième jour post-opératoire.
    Une convocation pour une consultation de contrôle une semaine après avoir quitté le service vous sera donnée à la sortie avec une radiographie de l’épaule opérée.
    Des consultations régulières seront prévues à un mois, trois mois, six mois et douze mois de l’intervention.

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