La greffe de cartilage par OATS

(Osteochondral Autograft Transfer System)

Les principaux composants de l’articulation du genou sont l’extrémité du fémur, l’extrémité du tibia et la rotule.
Afin d’assurer un meilleur glissement lors des mouvements les surfaces osseuses sont couvertes d’un tissu élastique nommé le cartilage (c’est celui-ci qui s’use lors de l’arthrose) et dans l’articulation nous allons retrouver aussi le liquide synovial (comme une huile qui lave ces surfaces pour permettre un meilleur glissement).

Le cartilage articulaire est un tissu avec des faibles capacités de régénération rendant impossible toute réparation.
L’usure de ce cartilage avec l’amincissement de son épaisseur represente l’arthrose.

Parfois ces lésions sont localisées et circonscrites, ce sont pour ces cas que nous proposons des greffes de cartilage afin de combler cette perte de substance.

Personnellement j’utilise la technique d’O.A.T.S. (Osteochondral Autograft Transfer System).
Ces lésions du cartilage sont souvent diagnostiquées par un bilan complémentaire (I.R.M., scanner) ou visualisées lors d’une précédente arthroscopie.

La rééducation suit quelques principes généraux

Les trois premières semaines mobilisation sans charge, drainage, massage et cryothérapie. On encourage surtout les exercices fonctionnels en chaîne fermée (vélo d’appartement). Toutes les rotations du genou sont à éviter, raison pour laquelle pendant cette période on conseille le port de l’attelle amovible (jour et nuit).

Après trois semaines dès que la prise d’appui est autorisée nous pouvons passer aux exercices de renforcement musculaire et de l’amélioration de la stabilité et de la mobilité du genou. Le renforcement musculaire se fera progressivement avec le vélo, le rameur et le tapis roulant. Un accent devra être mis aussi sur la proprioception.

La musculation du membre inférieur continuera progressivement afin d’éviter une surcharge du genou ou des contraintes qui pourraient endommager le cartilage articulaire.

L’incapacité totale du travail est estimée à environ 6-8 semaines.

Conclusion

Les lésions du cartilage situées dans une zone portante au niveau du fémur peuvent évoluer rapidement vers une arthrose.

Cette arthrose peut ensuite progresser et s’étendre.
Afin d’éviter le moment de la mise en place d’une prothèse totale du genou nous pouvons proposer la greffe de cartilage articulaire en sachant que les indications restent limitées chez des patients avec des lésions bien circonscrites au niveau du genou.

Par la suite avec une rééducation fonctionnelle adaptée nous pouvons espérer à la récupération complète des performances physiques.

Technique chirurgicale

Ce type de greffe se réalise donc grâce au prélèvement d’un greffon ostéochondral dans une zone de moindre importance ; les greffon ostéochondrales sont composés par un fragment de cartilage sur un fragment osseux (ce sont des « carottes » avec la partie superficielle de cartilage sur un support d’os).

Ces interventions sont souvent réalisées par voie arthroscopique, tout dépend de la taille de cette perte de substance cartilagineuse et de sa localisation. Si la perte de substance est petite et facilement accessible nous réalisons l’intervention par voie arthroscopique ; par contre si la lésion est grande, nécessite plusieurs prélèvements et se situe dans une zone difficilement accessible par voie arthroscopique nous sommes obligés d’effectuer ce geste par une chirurgie ouverte.

Les fragments ostéocartilagineux sont pris dans le même genou, dans des zones non portantes, à l’intérieur du genou. Ces zones se situent sur les bords externes ou internes des condyles fémoraux ou autour de l’échancrure intercondylienne.
Les « carottes » prélevées ont d’habitude un diamètre compris entre 6 et 11 millimètres.
Le nombre de « carottes » prélevé dépend de la taille de l’usure. Par la suite ces « carottes » prélevées seront encastrées dans la zone ou il y avait la perte de cartilage.

Lorsque la greffe nécessite la mise en place de plusieurs greffons nous effectuons bien sur plusieurs prélèvements.

En fonction de la technique utilisée (arthroscopie ou non) la durée de l’hospitalisation varie de 1 à 3 jours avec une reprise de la marche en décharge. Le patient ne pourra donc pas prendre appui sur la jambe opérée pendant environ trois semaines.

Par la suite la reprise de la marche se fera avec appui progressif sous la protection de deux béquilles.